Comme je vous l’avais annoncé dans cet article précédent, ma famille et moi avons décidé de quitter le Québec après 6 magnifiques années pour retourner nous installer dans notre pays d’origine, la France.

Cela fait maintenant quelques jours que nous avons fait le grand saut pour rejoindre notre terre natale. Les derniers jours avant le départ ont été intenses, entre la préparation du déménagement et des aurevoirs émouvants.

Nous avons également signé la vente de notre appartement chez le notaire, puis reçu les fonds de la vente sur notre compte en banque. L’arrivée de ces fonds nous a amenés à nous questionner sur la meilleure façon de les investir mais aussi sur quoi faire de nos placements existants. Devrions nous tout rapatrier en France ? Ou juste une partie ? A quel moment serait-ce le plus intéressant de le faire ?

Toutes ces questions m’ont amené à faire un bilan de ma vie financière au Canada et m’ont donné l’envie de retracer mon parcours depuis le jour où je suis arrivé sur le territoire du Québec en septembre 2014.

Je vous propose donc de partager ce parcours avec vous, je crois que c’est toujours intéressant de lire des expériences concrètes, c’est parfois de cette façon qu’on trouve des pistes pour améliorer sa propre situation financière.

 

Ma situation au moment de mon arrivée

 

Je débarquai donc au Québec en septembre 2014. Avant ça, j’avais travaillé 6 ans à Paris en tant que consultant en informatique. Pendant ces 6 ans, je n’ai pas particulièrement fait attention à mon taux d’épargne mais j’ai malgré tout fait un gros investissement en achetant un appartement.

Au moment de quitter Paris en juillet 2013, j’ai mis cet appartement en location. Entre juillet 2013 et septembre 2014, j’ai voyagé autour du monde, vivoté de contrats photos en France puis j’ai décidé de m’expatrier au Canada.

Je suis donc arrivé au Québec sans emploi, sans logement, sans famille, sans connaissance, RIEN!

Financièrement, je vivais sur l’épargne qui me restait en France, soit environ 30 000$, accumulés pendant mes années parisiennes.

Cependant, je n’ai pas transféré cet argent en totalité vers le Canada. Je ne faisais que des virements ponctuels pour subvenir à mes besoins en attendant de trouver un emploi.

Au moment de débuter mon premier emploi, je n’avais donc que quelques centaines de dollars sur mon compte en banque québécois.

Et c’est grâce à ce premier emploi débuté en mai 2015 que ma « vie financière » québécoise a vraiment débuté.

 

Mes deux emplois au Québec

 

Je suis resté en poste sur ce premier emploi (que je nommerai emploi #1) pendant 4 ans. J’ai évolué en interne à deux reprises, ce qui m’a permis d’augmenter mon salaire progressivement.

En 2019, ayant envie de changement et de booster encore un peu plus mes revenus, j’ai changé d’employeur (emploi #2) avec lequel je suis resté 2 ans supplémentaires.

Cela fait donc 6 ans d’emploi au Québec. La moyenne de mes salaires sur ces 6 années a été d’environ 77 000 $ hors primes annuelles. C’est un salaire confortable, j’en suis bien conscient, qui me place d’après Revenu Québec dans les 15-17% les mieux lotis. Cela dit, je pense que ce n’est pas non plus un salaire mirobolant.

Pendant ces 6 années, je considère que je n’ai pas particulièrement optimisé mes dépenses pour augmenter mon taux d’épargne. Je vivais selon mes envies. De plus, j’ai eu des frais sur mon appartement parisien de plusieurs milliers de dollars, j’ai donc dû virer de l’argent en France de temps en temps pour les payer. Ce qui a réduit ma capacité d’épargne sur certains mois.

Ma conjointe et moi avons également beaucoup voyagé (5 voyages en France + Cuba, Nicaragua, Mexique). Nous sommes partis en weekend de nombreuses fois au Québec et aux US pour le plaisir et pour mes différents marathons (3 fois à New York + Chicago, Washington, Ottawa). Etant des mordus de bouffe, nous avons également bien profité des restaurants de Montréal, 1 à 2 fois par semaine en moyenne + 1 ou 2 sorties hebdomadaires dans les bars également.

Tout ça pour dire que je n’ai pas particulièrement optimisé mon taux d’épargne pendant ces 6 années, mais que malgré tout, j’ai pu accumuler une jolie somme de 300 000$ à quelques centaines de dollars près.

Cette somme me semblerait donc atteignable sur la même durée pour quelqu’un qui serait plus discipliné que moi, moins dépensier et qui pourrait de ce fait gagner moins, comme par exemple entre 55 000 et 65 000$, soit le salaire minimum de 30% des gens au Québec, toujours selon Revenu Québec.

 

Mes sources d’épargne et de revenus

 

Pour expliquer comment je suis arrivé à cette somme en 6 ans, je vous propose de reprendre dans le tableau ci-dessous chaque source d’épargne dans lesquelles j’ai placé de l’argent.

Dans la deuxième colonne, j’indique la somme que j’ai réellement sortie de ma poche pour le placement concerné et dans la troisième, la valeur du placement à ce jour, qui inclut donc les différents abondements ainsi que les gains en capital :

 

Source Épargne Somme épargnée de ma poche Valeur à ce jour Note
Employeur #1 - Régime d'achat d'actions 16 000 27 000 Régime d'achat d'actions abondé de 25% par l'employeur
Employeur #1 - Régime de retraite 15 000 41 000 Régime abondé à 100% par l'employeur
Employeur #1 - Primes annuelles 15 000 18 000
Employeur #1 - Epargne sur salaire 40 000 50 000 Estimation car je ne tenais pas mes comptes à l'époque
Employeur #2 - Régime d'achat d'actions 12 000 20 000 10% de rabais sur le prix de l'action
Employeur #2 - Régime de retraite 8 000 16 000 Régime abondé à 100% par l'employeur
Employeur #2 - Primes annuelles 7 000 8 000
Employeur #2 - Epargne sur salaire 25 000 27 000 Estimation car je ne tenais pas encore mes comptes au début de mon emploi
Vente Appartement (Plus value + Remboursement Hypothèque) 11 000 93 000 82 000$ de plus value + 11 000$ remboursement de hypothèque
TOTAL 149 000 300000

Je repars donc avec une coquette somme de 300 000$ en 6 ans de travail au Québec. Mais vous constaterez grâce au tableau ci-dessus que ce montant est loin d’être le montant que j’ai réellement épargné. J’estime en effet ce montant à « seulement » 149 000$ (ce qui correspond à une épargne d’environ 46% de mes revenus nets perçus pendant ces 6 années).

Cela démontre l’importance de bien placer son épargne mais surtout de profiter de tous les avantages que votre employeur propose (achat d’actions, régime de retraite, primes, etc)

C’est absolument primordial d’en profiter si vous voulez booster vos investissements. Ca parait évident mais dans mes 2 emplois, plusieurs de mes collègues ne savaient parfois même pas qu’il y avait des avantages sur les achats d’actions par exemple!

 

Ce qui m’a permis d’atteindre ces 300 000$

 

Dans mon cas, voici ce qui a clairement mis un coup de boost à mon épargne et a permis ensuite de la multiplier par 2 en 6 ans :

  • Un salaire globalement confortable. 77 000$ par an en moyenne sur 6 ans. D’après Revenu Québec (source), ce salaire me place donc dans les 15 à 17% des plus hauts salaires. Je suis donc conscient que c’est un très bon salaire, mais n’ayant pas particulièrement fait attention à mes dépenses pendant la majorité de ces 6 années et ayant beaucoup voyagé et mangé au restaurant, je suis convaincu qu’une personne avec un salaire d’environ 55 000 à 65 000$ / an pourrait obtenir des résultats similaires. De plus, le taux d’épargne est important mais le plus important est ce que vous faites de cette épargne.
  • Des dépenses fixes limitées. Pendant ces 6 années, je n’ai jamais payé plus de 700$ par mois de loyer (loyer puis hypothèque partagés avec ma conjointe) et n’ai jamais eu de voiture. Ces deux postes de dépenses étant les plus importants en général, ces maigres dépenses m’ont permis de dégager une épargne conséquente malgré mon train de vie peu optimisé.
  • Pas d’achat compulsif et inutile. Même si je me suis fait plaisir pendant ces 6 ans sur les voyages et les sorties, je ne suis pas une personne particulièrement dépensière. Je n’ai pas besoin d’acheter de matériel en tout genre pour me sentir bien ou pour épater la galerie. Malgré ça, je ne ressens jamais la sensation de me priver. Je me contente de peu de choses et préfère payer des expériences à des trucs en tout genre qui finiront dans un placard. Pour dépenser moins, je vous invite à lire cet article 🙂
  • Profiter au maximum des régimes offerts par les employeurs. Que ce soit les régimes d’achat d’actions ou de retraite, j’ai profité au maximum de ces avantages employeur. Il est important encore une fois de le faire sans modération. Souvent, votre employeur abondera votre participation ou vous proposera des rabais. Dans mon cas, les deux régimes de retraite auxquels j’ai participé étaient abondés à 100% et les achats d’actions, de 25% dans un cas et de 10% de rabais dans l’autre. Ne pas profiter de ces avantages serait une aberration! Il est même important de se renseigner sur ces avantages avant de signer dans une compagnie car ils pourraient faire la différence dans votre choix.
  • Une plus value inespérée sur notre appartement. Comme raconté dans mon article précédent, nous avons fait une plus value de 46% sur notre appartement en 3 ans seulement. Cela représente quasiment un tiers de ma somme finale. Nous avons certes profité d’un marché en croissance très forte qui ne se reproduira peut être pas de sitôt, mais cela n’est pas dû qu’à la chance non plus. Se lancer en immobilier peut parfois être une bonne décision!
  • Profiter des outils fiscaux au maximum.  Maximiser mon CELI, utiliser les avantages du REER pour obtenir des remboursements d’impôts, « RAPer » mon REER pour acheter notre appartement. Autant d’avantages fiscaux qu’offre le Québec dont il faut profiter sans modération.
  • Investir. J’ai investi la partie disponible de mon épargne (hors régimes employeur et immobilier) sur des produits financiers tels que des ETF, actions à dividendes et quelques actions en direct. J’ai également fait un effort d’épargne particulier pendant la crise de la covid pour pouvoir profiter des prix bas des actions (En même temps, tout était fermé, ce n’était pas compliqué de ne pas dépenser 😊) Ne surtout pas laisser dormir son épargne en encaisse ou sur des produits qui ne rapportent rien. Faire travailler son argent efficacement est essentiel.

 

Pour conclure

J’espère que ce retour d’expérience vous apportera quelques pistes pour booster votre épargne et vos investissements, et surtout vous montrera qu’il est possible d’atteindre des sommes très intéressantes en relativement peu de temps.

Comme toujours, il est important de réduire ses dépenses pour dégager de l’épargne régulière. Ensuite, bien placer cette épargne, et prendre un minimum de risques, même mesurés, comme acheter un appartement ou des ETF. Et surtout profiter de tous les avantages qui vous sont offerts 🙂

A vous de jouer!!

Votre dévoué Frugalman 🚀

 

Et vous, quel est votre plan pour accumuler un maximum d’épargne ? Mettez-vous en place des habitudes en ce sens ?

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